ICARUS est une formation immersive qui mobilise la fiction et le jeu pour aider les scientifiques à réfléchir à leur engagement face aux crises écologiques, sociales et institutionnelles. À bord du navire ICARUS, métaphore de la modernité confrontée à la catastrophe, les participants explorent collectivement les futurs possibles de la science et de la société

L’Histoire de l’ICARUS

Dans un monde en quête de maîtrise absolue, l’ICARUS fut pensé comme le sommet du savoir et de la technologie humaine, le fleuron d’une époque. Conçu dans les laboratoires les plus avancés et financé par les élites les plus influentes, l’ICARUS symbolisait tout ce que la science et la technologie pouvaient promettre : une puissance sans limite, une structure insubmersible, un voyage sans entraves vers un avenir radieux.

Nos sociétés ressemblent à l’ICARUS

Sur l’ICARUS on trouve d’un côté les passagers du pont supérieur. Ces riches armateurs qui ont financé la recherche, le progrès, le développement technologique et industriel, ont construit ce grand paquebot qui vogue vers des horizons idylliques pour jouir sans limite du monde et danser sans fin au son de l’orchestre. De l’autre côté, il y a l’équipage, avec ses commandants, ses navigateurs, les machinistes et les soutiers. Et puis il y a la grande majorité des passagers qui vivent sur les ponts inférieurs, voient peu ou pas le monde extérieur et subissent les décisions et la puissance des riches passagers et de l’équipage.

Lancé sur une mer infinie de progrès et de promesses, l’ICARUS est bien plus qu’un simple navire. Il est l’incarnation d’une foi inébranlable en la science, une démonstration de la grandeur humaine face aux lois de la nature. Ses inventeurs l’ont forgé pour traverser les tempêtes, se jouer des risques, et foncer tête baissée vers des horizons inconnus, persuadés que rien ne pourrait jamais l’arrêter. À bord, une communauté d’experts, de scientifiques, de gestionnaires et de membre d’équipages de tous rangs, chacun jouant son rôle, chacun croyant servir le plus grand projet de l’histoire humaine. Certes ils ne voyaient pas tous le même navire : pour certains, c’était l’emblème d’une nouvelle ère ; pour d’autres, une machine démesurée et incontrôlable.

L’ICARUS avançait sans frein, accélérant sans cesse son rythme, sur une mer qui semblait s’incliner devant sa puissance. Ce navire, construit pour dominer les éléments et conquérir le monde, avançait sans écouter les mises en garde de la nature. Peu à peu, des signes inquiétants apparaissaient. Les calculs des météorologues, les observations des glaciologues, les prévisions des climatologues convergeaient vers la même conclusion : quelque chose se dressait dans l’ombre, quelque chose d’invisible mais certain, une masse dangereuse qui n’avait rien de naturel. Mais le navire, tel un géant aveuglé par sa propre puissance, refusait de ralentir, de changer de cap.

Les avertissements étaient ignorés, moqués, classés comme des peurs infondées. Des comités furent créés pour apaiser les plus inquiets, des réunions organisées pour simuler des débats ouverts. Pendant ce temps, les moteurs continuaient de tourner à pleine puissance, alimentés par la fierté des gestionnaires, le pragmatisme des ingénieurs, et l’ambition des scientifiques : le navire semblait invulnérable, même si cette sécurité n’était qu’une illusion, un mirage.

Les passagers, conscients ou non du danger, dansaient encore, rassurés par la solidité apparente de cette « arche du progrès ». Mais l’équipage, lui, sentait les problèmes grandir. Au cœur de l’ICARUS, des groupes se formaient, des tensions s’élevaient. Les uns cherchaient à alerter le commandement, tandis que d’autres, fidèles au système, croyaient que des procédures suffiraient à éviter la catastrophe. Les plus pragmatiques voyaient la crise comme une opportunité pour briller, et d’autres encore, comme les vieux briscards du navire, se remémoraient d’anciennes tragédies.

Le destin de l’ICARUS semblait suspendu dans une course contre le temps et l’orgueil, entre ceux qui refusent de voir et ceux qui, courageusement, tentent de rediriger le navire avant qu’il ne soit trop tard. L’iceberg, silencieux, immuable, attend, et la question résonne : ce navire insubmersible est-il aussi puissant qu’ils le pensent, ou n’est-il qu’un géant aveuglé, suivant une route d’où il ne peut s’écarter ?

Les avertissements se multiplient. Les signes de catastrophe deviennent impossibles à ignorer. Pourtant, nul ne sait vraiment quoi faire. Certains veulent poursuivre la route, d’autres ralentir, d’autres encore changer radicalement de cap. Face à l’incertitude, l’équipage décide d’organiser un grand sommet consacré au futur de l’ICARUS. Scientifiques, décideurs, techniciens, lanceurs d’alerte, rebelles, démocrates ou opportunistes : chacun est invité à prendre part aux discussions et à imaginer une trajectoire pour le navire.

Mais vous l’avez sans doute compris : cette histoire n’est pas seulement celle de l’ICARUS. Vous ne vous êtes pas trompés : l’équipage de l’ICARUS, c’est vous. Alors maintenant, qu’allez-vous faire ? Quelle catastrophe voyez-vous à l’horizon ? Quelle histoire allez-vous écrire ? Et quel futur choisirez-vous pour l’ICARUS ?

Bienvenue à bord de l’ICARUS. Ici, la science, la technologie et le pouvoir dansent ensemble, au rythme de la fierté et du doute, alors que la catastrophe se dessine à l’horizon.


Organisation et animation du jeu de rôles

Diapositives de présentation du jeu

Fiches-types de l’équipage de l’Icarus